Une vie sans femmes?
Un beau mélange de sophistication et d'immédiateté pour une série de cadrages impeccables qui sait utiliser à merveille les recours du noir et blanc et l'intensité de la lumière traduite en contrastes savants, C'est à la fois raffiné subtil, et évident, classique et contemporain et, dans cette série de « petites robes noires » (en photographie, pour le reste, on ne sait pas), se fait jour un regard amoureux de la femme dans ce qu'elle a d'élégance non feinte, d'évidence du port et du corps,une attention, bien servie par une façon personnelle de trancher exactement là où il faut (cela s'apparente vraiment à ce qu'il y a parfois de magique dans la construction et la coupe d'un vêtement) à ces moments rares où le geste est juste à sa place, la main à l'exacte position qui va prendre du sens sous la lumière, où un gris veut juste soudainement révéler combien un noir est profond. Le plus étonnant finalement est la capacité à répéter ces trouvailles, -à les voir, en fait- autant dans une situation de mouvement que dans la création d'une nature morte vraiment classique, impossible à dater, définitivement mystérieuse. Et, de cette rigueur qui n'est jamais pesante se dégage une indéniable poésie. Vraiment troublant en somme.
Christian Caujolle
Prix SFR Paris Photo 2011/ Grand Palais novembre 2011